En rénovation, l’isolation par l’intérieur (ITI) reste la voie la plus accessible pour arrêter de chauffer la rue. Deux techniques dominent : le doublage collé et la contre-cloison sur ossature. Le choix dépend de l’état du mur — et les performances à viser sont désormais chiffrées par la réglementation et les aides.
Les résistances thermiques à connaître (R, en m².K/W)
| Épaisseur laine (λ 0,032) | R obtenu | Verdict |
|---|---|---|
| 75 mm | ≈ 2,35 | Insuffisant pour les aides |
| 100 mm | ≈ 3,15 | Minimum pour sentir la différence |
| 120 mm | ≈ 3,75 | Seuil R ≥ 3,7 exigé pour les aides (MaPrimeRénov’, CEE) |
| 140 mm | ≈ 4,35 | Le confort en plus, si la place le permet |
Ordre de grandeur à retenir : des murs non isolés représentent 20 à 25 % des déperditions d’un logement ancien.
Doublage collé : rapide, pour murs sains et droits
Panneau sandwich (plaque de plâtre + PSE ou polyuréthane) collé par plots de mortier adhésif. Une journée par pièce, encombrement mini. Mais il exige un mur plan, sec et porteur — proscrit sur mur humide, irrégulier ou friable. Épaisseurs courantes : 13+80 à 13+120 mm.
Ossature métallique : la solution universelle du bâti ancien
Appuis réglables et fourrures (entraxe 600 mm), laine entre mur et parement, plaque vissée. Rattrape tous les défauts, laisse passer les gaines, accepte de fortes épaisseurs, et la lame d’air de 2 cm protège l’isolant d’un mur ancien qui reprend l’humidité. C’est la technique à privilégier en pierre ou brique pleine.
Le pare-vapeur : la règle qui sauve l’isolation
- Toujours côté chauffé (entre laine et plaque), jamais côté mur.
- Continu : lés remontés et adhésivés, passages de gaines scellés (œillets adhésifs). Une déchirure = un point de condensation.
- Sur mur ancien « qui respire » : isolants et membranes hygrovariables, et traiter d’abord toute remontée capillaire. Un mur qui reste humide finit par le faire savoir — au placo, puis au sol. Le bois réagit le premier : voir notre article hygrométrie du logement.
Les ponts thermiques à traiter en même temps
- Retours de tableaux de fenêtres : 20 mm d’isolant mince ou doublage fin.
- Jonction mur/plancher : remonter l’isolant en plinthe technique si possible.
- Prises et interrupteurs sur murs isolés : boîtiers étanches à membrane.
Murs isolés = pièce plus chaude = parquet stable toute l’année. Suite du chantier : l’isolation phonique si vous êtes en appartement, et l’ordre des travaux jusqu’aux sols.


